« Les femmes ont environ trois fois moins de risques d’êtres tuées et deux fois moins d’être blessées dans un accident de la route que les hommes », apprend-on sur le site gouvernemental de la Sécurité routière. Un constat qui permet aux assureurs de pratiquer des prix très différents en fonction du sexe du client (notamment chez les jeunes)…
Il existe bien une directive européenne de 2004 sur l’égalité de traitement hommes-femmes, mais celle-ci prévoit en effet une exception pour les activités d’assurance. Résultat : la loi française accepte une « discrimination tarifaire » lorsque « les données actuarielles et statistiques pertinentes et précises établissent que le sexe est un facteur déterminant dans l’évaluation du risque d’assurance ».
La fin de la discrimination
Cet état de fait pose cependant des problèmes à certains, comme l’association belge de consommateurs Test-Achats, réclamant une unification des tarifs au niveau européen. Et ils ont été entendus : la Cour de justice vient en effet d’annoncer l’interdiction de la différenciation des sexes des assurés à compter du 21 décembre 2012. Les compagnies vont donc devoir rapidement revoir leurs grilles tarifaires. Les femmes âgées de 17 à 29 ans pourraient ainsi par exemple payer leur contrat auto entre 30 et 45 % plus cher (25 % d’augmentation tout âge confondu).
Pour la vice-présidente de la Commission européenne, c’est « un moment important pour l’égalité des sexes dans l’Union européenne ». Pour les assurances, en revanche, la pilule est dure à avaler, celles-ci estimant que la nouvelle obligation va diminuer leur capacité d’estimation des risques individuels.
L’assurance auto ne sera en outre pas la seule concernée : les prix de la santé, de la retraite, et de l’assurance-vie vont également devoir être modifiés (les risques liés à la maternité ou l’espérance de vie supérieure des femmes ne seront plus pris en compte). Les hommes verront ainsi par exemple leurs pensions d’assurance-retraite se réduire…



