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Le Dossier médical personnel, c’est l’histoire d’un projet sans cesse repoussé : tout commence en 2004, en pleine réforme de l’Assurance-Maladie. Philippe Douste-Blazy et Xavier Bertrand prennent alors deux décisions majeures pour économiser annuellement quelque 7 milliards d’euros sur les dépenses de santé : l’obligation pour les patients de choisir un médecin traitant et… le fameux DMP. La mise en place de la mesure est annoncée pour le 1er juillet 2007.
Problème : à l’échéance, rien n’est prêt. Des expérimentations ont certes été menées en 2006, mais les difficultés techniques sabordent le projet. On envisage même de l’enterrer, au grand dam des Mutuelles, qui l’attendaient avec impatience. Jusqu’à ce que l’Asip-Santé (Agence des systèmes d'information partagés de santé), une nouvelle structure publique, reprenne le chantier en 2009.
De nouveaux essais régionaux sont alors entrepris pour préparer le déploiement du dispositif sur l’ensemble du territoire… et durant l’été 2010, la ministre de la Santé en exercice (Roselyne Bachelot) annonce la création des premiers DMP pour la fin de l’année. Pari tenu ?
LE DMP ACCESSIBLE SUR INTERNET DÈS AVRIL
Après quelques versions nationales lancées en test en décembre 2010, le DMP s’est en effet concrétisé dès le 5 janvier : tous les professionnels de santé peuvent depuis cette date accéder au site Internet officiel (www.dmp.gouv.fr), et ouvrir ainsi des dossiers pour les patients intéressés. Quant à ces derniers, ils pourront dès avril consulter à leur tour leur DMP sur le Web (accès sécurisé). C’est d’ailleurs à ce moment que le ministère de la Santé présentera le dispositif.
Ce que l’on sait déjà sur lui, c’est qu’il s’agit d’un dossier électronique, gratuit et facultatif (un assuré qui ne souhaite pas ouvrir de DMP ne sera pas pénalisé au niveau de ses remboursements), qui rassemblera toutes les informations médicales d’un patient (prescriptions, résultats d’analyses, radiologies, comptes-rendus d’hospitalisation,…) dans le but d’améliorer sa prise en charge et de mieux coordonner les soins.
Ainsi, les données étant partagées par les différents professionnels de santé, l’assuré pourra notamment éviter les examens inutiles. Il pourra également garder le contrôle total sur cet outil, en choisissant par exemple les spécialistes qui pourront y avoir accès, ou encore en masquant certains renseignements.
LES FRANÇAIS FAVORABLES AU DMP
Cela ne fait pas de doute, les Français attendaient le DMP : ils sont 74 % à être « plutôt favorables » à la mise en place du dispositif (sondage Viavoice pour le Groupe Pasteur Mutualité), contre seulement 20 % d’hostiles. Pour les 35-49 ans et les 50-64 ans, c’est encore plus flagrant : 77 %.


