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Le crédit à la consommation est souvent décrié, accusé d’engendrer le surendettement. Ce qui n’est pas tout à fait faux. Mais c’est un peu plus compliqué : certes, il reste beaucoup de progrès à faire du côté des organismes financiers pour contrôler l’octroi de prêts aux consommateurs. Le crédit conso permet cependant aussi de réaliser ses projets, et parfois de se sortir de situations difficiles. Sans compter qu’il est essentiel à l’économie, et qu’une réforme en a amélioré les modalités. La parole est à la défense…

Commençons par définir le crédit consommation : il s’agit d’un prêt octroyé par une banque, un organisme financier, voire un magasin, pour effectuer l’acquisition de certains biens ou disposer d’une certaine somme d’argent. Grâce à lui, on peut ainsi par exemple acheter une voiture, des meubles, des équipements électroménagers et informatiques, ou encore financer des vacances et des loisirs. Intérêt pour le consommateur : éviter le paiement comptant (par obligation ou par souhait), et l’échelonner sur une période définie. Le montant empruntable est, bien sûr, soumis à votre capacité de remboursement, elle-même liée à vos revenus et charges.

Les atouts

Il existe trois types de crédits conso qui ont chacun leurs avantages : le prêt affecté, d’abord, consacré à un projet précis, aide les ménages qui n’ont pas pu (ou pas su) épargner. Bien géré, il est donc un moyen d’améliorer son pouvoir d’achat et ses conditions de vie. Les taux, variant de 4,5 à 9 %, sont raisonnables, à l’instar du crédit personnel (non affecté). Celui-ci présente les mêmes bénéfices, mais il est moins contraignant : aucun justificatif d’achat ne vous sera réclamé. En somme, vous disposez de l’argent prêté comme bon vous semble.

La troisième forme de crédit conso est le crédit permanent (ou revolving, renouvelable,…), également non affecté : ses taux élevés (entre 14 et 22 %) ne lui permettent pas vraiment d’être la solution au financement de grands projets. Il doit plutôt être considéré comme une sorte de découvert autorisé qu’il faut rapidement rembourser, un moyen pour faire face aux imprévus. Nous noterons d’ailleurs qu’il est, dans la grande majorité des cas, financièrement plus intéressant et moins risqué que le règlement des fameux agios (ou autres frais liés à un découvert).

Rappelons aussi que toutes ces offres de crédit sont remboursables par anticipation sans pénalité.

Une réforme avantageuse pour le consommateur

Pour contrer les dérives de certaines banques et mieux protéger le consommateur, la ministre de l’Economie Christine Lagarde a lancé la France dans une vaste réforme du crédit conso (entrée en vigueur des différentes dispositions de septembre 2010 à mai 2011). Une initiative qui valorise encore ses intérêts. Certains dénoncent des « mesurettes ». La preuve qu’ils se trompent : le controversé crédit revolving, d’abord, sera mieux encadré. Fini la vérification de solvabilité à la légère : désormais, celle-ci sera contrôlée tout au long du prêt, et non plus seulement à l’ouverture. Autre modification : un compte inactif durant 2 ans sera automatiquement fermé, contre 3 ans aujourd’hui.

Plus généralement, le gouvernement a voulu rendre le crédit conso plus responsable : un « devoir d’explication » du prêteur à l’égard de l’emprunteur est inscrit dans la loi, ainsi que l’obligation d’évaluer sa solvabilité et de consulter le fichier FICP (le Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, qui recense les incidents de remboursement). Une fiche de dialogue et d’information (à remplir par les deux parties) sur les risques de l’endettement est également prévue, et le client n’aura plus 7 jours, mais 14 pour se rétracter.

Les règles de protection en faveur des consommateurs emprunteurs du Code de la consommation s’appliqueront par ailleurs aux crédits inférieurs à 75 000 euros (21 500 euros aujourd’hui). Enfin, la publicité sera mieux encadrée, ainsi que l’utilisation des cartes de fidélité des grandes surfaces utilisées comme cartes de crédit.

Le moteur de l’économie

Nous l’avons vu, le crédit conso joue un rôle social. Mais il a aussi une fonction économique importante : en encourageant la consommation, il soutient la croissance, et donc, l’emploi. Deux voitures sur trois vendues en France sont ainsi financées. Encore plus parlant : 9 % de la consommation nationale est soutenue par ce type de prêt.

Abordons maintenant le sujet de la crise financière : vous avez certainement entendu dire que l’Hexagone avait mieux supporté la récession grâce au (relatif) faible taux d’endettement des Français (74,9 % de leur revenu brut disponible en 2009, soit bien moins que celui des Américains - 157 % -  ou des Britanniques - 146 %), et à leur capacité à épargner (16 % de leur rentrée d’argent) ? C’est tout à fait vrai ! Mais c’est également, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la preuve que vous pouvez contracter des crédits conso sans risquer de déstabiliser la reprise : il y a de la marge !

D’ailleurs, vous l’aviez compris tout seul : le crédit conso a connu une hausse de la demande de 8,4 % entre juin 2009 et juin 2010.

Bon à savoir : c’est une évidence, le crédit conso est indispensable. Ce qui ne veut pas dire qu’il existe aussi des pièges. Premier grand conseil : ne pas dépasser le taux d’endettement (33 %). Si la responsabilité doit venir du prêteur, elle doit aussi guider vos choix. Deux autres petites recommandations : veillez à ce que la durée du crédit ne soit pas supérieure à la durée de vie estimée du bien acquis. De la même façon, ne financez pas un voyage de quelques semaines (vacances annuelles) avec un prêt de plus de 6 mois.