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La carte bancaire, c’est très pratique, mais ça coûte cher, selon l’UFC-Que-Choisir : l’association de consommateurs a en effet calculé que les frais relatifs à ce moyen de paiement étaient en moyenne de 47,8 euros par an, soit… un tiers de ce que vous donnez annuellement à votre banque ! Au total, les Français versent ainsi quelque 2,8 milliards d’euros pour régler en carte.
Mais ce n’est pas tout : toujours selon l’UFC, ces frais n’ont également pour la plupart pas lieu d’être ! Pour preuve : la carte bancaire internationale à débit immédiat, qui représente 72,30 % du marché des cartes en France, et pour laquelle 42 % des frais n’auraient aucune justification économique. L’association dénonce d’ailleurs le manque d’information auprès des clients à ce sujet.
Des marges énormes pour les banques
83 % : voici, selon l’UFC, la marge réalisée par les banques sur les frais de cartes bancaires en cas d’incident de paiement. Ces commissions rapporteraient en effet 2,7 milliards d’euros (autant que les frais de fonctionnement) aux établissements, alors qu’ils ne leur coûteraient que 459 millions !
La commission d’intervention est particulièrement pointée du doigt : facturée en moyenne 8,5 euros par transaction, elle peut être prélevée jusqu’à cinq fois par jour sans avertissement de la banque !
Les propositions de l’UFC-Que Choisir
Pour enrayer le phénomène, l’UFC-Que Choisir a adressé cinq propositions au ministère de l’Economie : elle demande d’abord la création d’un système de vérification systématique, avant tout paiement, de la solvabilité du client. Elle réclame ensuite une meilleure information pour permettre au client de réagir en amont des incidents, et la suppression pure et simple des commissions d’intervention.
Autre idée : harmoniser la perception des frais d’incidents entre débit immédiat et débit différé. L’association souhaiterait enfin la mise en place d’une carte bancaire modulable, davantage conforme aux besoins du client.
Réponse de la FBF
La Fédération bancaire française (FBF) a aussitôt déclaré ne pas comprendre comment l’UFC parvenait à de tels chiffres, et ajouté : « Certaines propositions vont à l’encontre de la liberté de choix des clients et conduiraient à une régression d’ensemble du niveau de service, comme la volonté d’imposer un système à autorisation systématique, plus contraignant pour les consommateurs et les commerçants. Chaque banque propose une large gamme de cartes et le client peut choisir en fonction de ses besoins. Imposer une carte à autorisation systématique à l’ensemble des clients serait une erreur car cette carte peut convenir seulement à certaines catégories de clients (par exemple les plus jeunes, ceux qui ont un budget serré ou qui ont régulièrement des incidents) ».


