© AlcelVision - Fotolia.com
Comment vont réagir les banques et les organismes préteurs face à la perte du triple A (l’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé la note de la France en raison de la mauvaise gestion de sa dette) ? Si la hausse des taux des prêts immobiliers n’est pas évidente, en tout cas dans l’immédiat, pour les crédits conso, en revanche, c’est une autre histoire, selon l’association de consommateurs UFC-Que Choisir…

Lorsqu’une agence de notation financière dégrade la note d’un pays, comme Standard & Poor’s l’a fait avec la France, c’est qu’elle doute des capacités de remboursement de sa dette. Les investisseurs deviennent alors plus frileux, prêtent moins, ou à des taux plus élevés, pour minimiser le risque. Résultat : les banques sont impactées, ainsi que leurs clients, car ces dernières pratiquent des taux également plus élevés.

Aussi, en ce qui concerne les prêts immobiliers, les experts prévoient des hausses de taux. Mais elles ne devraient pas intervenir avant plusieurs mois, les banques ayant depuis longtemps prévu la perte du triple A (pour en savoir plus, consultez notre article sur le sujet : www.legouroo.com/info-pratique/credits/le-credit-immobilier/perte-du-triple-a-quel-impact-sur-les-credits-immobiliers).

Malheureusement, « au contraire du crédit immobilier, la répercussion de la hausse du coût d’emprunt par les établissements sera très probablement plus directe sur le crédit à la consommation, car celui-ci, moins ‘fidélisant’, ne permet pas aux établissements de se rattraper sur le long terme », estime l’UFC-Que choisir. Autre raison invoquée par l’association : « La plupart des grands acteurs du marché du crédit à la consommation sont des établissements qui ne font pas de banque au quotidien. Par conséquent, ils ne peuvent pas limiter la hausse du coût du crédit en augmentant les autres tarifs ».

Et d’ajouter : « Pire, au vu des récentes réformes qui ont touché le crédit à la consommation, il y a tout lieu de craindre que les établissements profitent de ce changement pour, au-delà de la seule répercussion liée à la perte du triple A, accroître encore davantage la hausse des taux d’intérêt ».

« L’ensemble des crédits à la consommation devraient souffrir de cette situation et les taux devraient augmenter », confirme le spécialiste du crédit creditenligne-fr.com. D’autres professionnels prévoient en outre un durcissement dans l’accès aux prêts.

Bon à savoir : Les deux autres grandes agences de notation, à savoir Moody’s et Fitch Ratings, ont fait savoir qu’elles ne comptaient pour l’instant pas abaisser la note de la France, contrairement à Standard & Poor’s. Il est tôt pour le dire, mais cela pourrait ainsi avoir pour conséquence de ne pas impacter le crédit à la consommation, ou très peu. Autre bonne nouvelle : malgré la perte du triple A, l'Agence France Trésor (AFT), qui gère la dette de la France, a emprunté à des taux encore moins élevé qu’auparavant.