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Le suspens est terminé : la France a en définitive officiellement perdu son triple A, se voyant désormais attribuer un AA+ par l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P). Une mauvaise nouvelle pour les candidats à l’achat immobilier ? Les experts estiment en effet que l’une des conséquences sera une hausse des taux de crédits. Celle-ci ne devrait toutefois pas être immédiate…

La note d’un état décernée par une agence comme S&P est un indicateur de confiance sur les marchés qui permet de définir à quel taux il peut emprunter. Aussi, si cette note est dégradée, un pays se verra accorder des taux plus élevés. Or c’est ce qui vient d’arriver à la France. Et « malheureusement, il y aura des conséquences pour les particuliers car un Etat qui emprunte plus cher, cela signifie des banques qui se financent également à des taux plus élevés, et donc, par effet domino, des taux proposés aux particuliers également plus élevés », explique Maël Bernier, directrice de la communication du courtier Empruntis.com.

Et de poursuivre : « Concrètement, cela signifie que l’Etat Français qui emprunte aujourd’hui à des taux autour de 3 % pourrait se voir proposer des taux autour de 4 % en raison de son déclassement. Pourquoi ? Tout simplement parce que lorsqu’un créancier est classé à risque, les prêteurs lui font moins confiance et sont moins enclins à prêter, les taux des prêts augmentent donc en fonction. L’Etat français empruntant plus cher, les banques aussi et particulièrement celles qui sont mal notées, les taux des crédits aux particuliers pourraient donc s’apprécier d’ici deux à trois mois de 50 points de base, soit des taux moyens autour de 4,70 % sur 20 ans versus 4,20 % aujourd’hui ».

Pas de panique ! 

Cependant, ceux qui envisageaient d’acheter leur logement cette année ne doivent pas désespérer. Les propos de Mme Bernier sont en effet nuancés par ceux d’Hervé Hatt, directeur général de Meilleurtaux : « La dégradation de la note de la France n'aura pas d'effet immédiat sur le niveau des taux des crédits immobiliers. Pour l'heure, il convient d'attendre l'impact de cette décision sur l'Obligation assimilable du Trésor (OAT), tout en sachant que les choix commerciaux des banques pour conquérir des clients emprunteurs sont aussi importants qu'une éventuelle hausse de l'OAT (qui sert de référence pour fixer les taux des crédits immobiliers, ndlr) ».

Autre raison de ne pas renoncer à l’achat : les banques s’étaient déjà préparées, depuis l’été dernier, au passage du triple A au AA+ en durcissant les conditions d’octroi du crédit (taux d’apport nécessaire de 10 à 20 %,…). Maintenant que la dégradation est effective, elles devraient donc redoubler de prudence pour ne pas s’exposer davantage au risque, mais pas forcément augmenter leurs taux.

Enfin, sachez que, malgré tout, la France continuera à bénéficier des taux parmi les plus bas d’Europe. Taux qui sont d’ailleurs encore en dessous de ceux pratiqués à l’automne 2008 !

Bon à savoir : Bonne nouvelle pour les 10 % d’emprunteurs français qui ont opté pour un taux variable : celui-ci ne dépend en effet pas de l’évolution de l’OAT, mais du taux court de la BCE (Banque centrale européenne), qui est stable. Cette solution à risque se révèle donc ici plus intéressante.