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Cela n’était pas arrivé depuis 15 ans : l’année dernière, les Français ont eu davantage recours au crédit immobilier qu’au crédit à la consommation. C’est ce qu’a indiqué hier le 23ème rapport annuel de l’Observatoire des crédits aux ménages

30,1 % : voici la part des ménages français détenant un crédit à la consommation en 2010. Pour le crédit immobilier, il s’agit de 30,5 %. La différence n’est pas énorme, mais elle n’avait pas été constatée depuis 1996, selon une enquête réalisée par la Sofres pour l’Observatoire des crédits aux ménages (émis par la FBF : Fédération bancaire française, un organisme professionnel qui regroupe l’ensemble des entreprises bancaires de France) et publiée le 6 avril 2011.

Autre donnée, qui trouve d’ailleurs une explication dans les chiffres précédents : la part des ménages français possédant un crédit n’a pas connu une telle baisse depuis 15 ans. Ils ont représenté 49,5 % en 2010, à comparer notamment avec les 50,8 % en 2009 et les 52,6 % en 2008.

Pourquoi ?

« Ce recul est essentiellement dû à l’évolution de l’usage du crédit à la consommation », a confirmé Michel Mouillart, professeur d’économie à l’Université de Paris-X Nanterre, lors d’une conférence de presse. « Ce n’est pas une nouvelle tendance, c’est juste le fait que le crédit à la consommation a plutôt souffert des années de crise », a quant à lui déclaré Franck Lehuédé, chef de projet du Centre de recherche pour l’étude et l’observatoire des conditions de vie (Credoc), au micro d’Europe 1.

Et d’ajouter : « Du coup, on a un rééquilibrage en faveur du crédit immobilier qui reste encore intéressant pour les consommateurs alors que le crédit à la consommation a plutôt pâti de la crise […] On est revenu à une situation plus raisonnable en matière de dépenses de consommation ». Ce qui tombe bien : l’accession à la propriété est le premier rêve des Français selon un récent sondage Ifop.

Les crédits à la consommation proposés sous forme de carte de magasins ou de grandes surfaces ont particulièrement reculé : seuls 6,8 % des ménages en détiennent, contre 9,6 % en 2007. Tout comme les prêts conso destinés à financer des dépenses de loisirs et de vacances (contrairement à ceux réservés à un projet, qui sont restés stables) : 13,8 % en 2010, contre 15,8 % en 2009.

Les prêts immobiliers ont en revanche bondi de 18 % l’année dernière par rapport à 2009.

Bon à savoir : Ces chiffres ne prennent pas en compte les crédits renouvelables (ou revolving), car ils sont d’« une très grande volatilité », a précisé M. Mouillart.