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Fin mai, le ministère de l’Ecologie annonçait une réforme de l’éco-PTZ, le prêt à taux zéro mis en place dans le cadre du Grenelle de l’environnement et destiné à financer des travaux d’économies d’énergie dans les logements anciens. La raison : un succès plus que mitigé. Que va-t-il donc devenir ? Quelques éléments de réponse…

« On a des succès sur l’éco-prêt à taux zéro, mais on n’est pas à la hauteur de nos ambitions », a reconnu fin mai Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l’Ecologie, lors du lancement d’une table ronde sur l’efficacité énergétique. « On voulait 400 000 éco-prêts par an, on en est à 150 000. Le produit ne remplit pas toutes les ambitions que nous lui avions fixées et donc on doit pouvoir en rediscuter ».

Cette mesure phare du Grenelle de l’environnement avait pourtant connu un début prometteur. En avril 2010, soit moins d’un an après son entrée en vigueur, l’éco-PTZ enregistrait en effet sa 100 000ème signature, ce qui réjouissait alors le ministère de l’Ecologie : « Nous en sommes à 500 par jour, pour des travaux d'un montant de 20 000 à 30 000 euros, permettant de diviser la consommation d'énergie par deux et même quatre dans les cas extrêmes ».

Car l’objectif était bien de réduire les émissions de CO2 dues aux logements, qui représentent 21 % des rejets totaux (30 % de la consommation d’énergie en France est par ailleurs imputable à ce secteur)…

Pistes de réflexion

Le gouvernement reste pour l’instant muet sur la réforme de l’éco-PTZ. Mais Philippe Pelletier, président du Plan Bâtiment Grenelle chargé notamment de dynamiser le dispositif, a lui émis plusieurs recommandations début juin. Parmi elles : la réunion avec le crédit d’impôt développement durable et l’instauration d’une progressivité de la subvention en fonction de la performance des travaux réalisés.

Autre idée : permettre aux syndicats des copropriétaires de bénéficier de l’éco-PTZ. Car comme le confirme l’Agence nationale de l’habitat (Anah), il est aujourd’hui « compliqué à mettre en place pour une copropriété. Cela prend du temps ». Une position que partage d’ailleurs l’Association des responsables de copropriétés (Arc), impatiente que la réforme débute.

Cela dit, l’attente risque d’être longue : une refonte devra en effet d’abord se faire une place dans la prochaine loi de Finances. Sans compter les retards éventuels causés par les prochaines élections présidentielles…

Rappels sur l’éco-PTZ

Pour l’instant, l’éco-prêt à taux zéro, qui sert à prendre en charge des rénovations énergétiques (isolation des murs et de la toiture, double-vitrage, chauffage fonctionnant aux énergies renouvelables,…) dans les résidences principales édifiées avant le 1er janvier 1990, est accordé sans condition de ressources. D’un montant maximal de 30 000 euros, il est remboursable, sans intérêt, sur 10 ans. Pour en bénéficier, il suffit de réaliser un devis détaillé des travaux et de le présenter à votre banquier.