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En France, on entend souvent dire que les prélèvements sur les salaires sont excessifs. Les charges patronales trop élevées, notamment, freineraient l’emploi. Mais est-ce vraiment justifié ? Tout à fait, si l’on en croit une étude de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) qui place l’Hexagone en deuxième position des pays développés les plus taxeurs de salaires.

La pression fiscale sur les salaires est forte en France. Très forte : en 2010, la charge moyenne de l’impôt et des cotisations sociales sur les revenus s’élève à 49,3 % pour un célibataire, et à 42,1 % pour un couple avec deux enfants disposant d’un seul salaire égal au salaire moyen. Traduction : un salarié français touche effectivement à peine un peu plus de la moitié de ce qu’il coûte à son employeur !

Notre pays fait ainsi partie des états développés qui taxent le plus les salaires : il occupe même la seconde place, derrière la Belgique (la charge moyenne pour un célibataire y atteint 55,4 %) et juste devant l’Allemagne (49,1 %). Pour info, au sein de l’OCDE, la charge pesant sur le revenu d’un célibataire sans enfant est en moyenne de 34,9 %. Aux Etats-Unis, il s’agit de 29,7 %. Et tout en bas du classement, on trouve le chili : seulement 7 %.

Pistes de réforme

Cette situation est plutôt mal vue par l’OCDE, qui s’inquiète pour le pouvoir d’achat des ménages. Alors elle fait des propositions : « Les gouvernements devraient envisager de modifier la structure fiscale en mettant plus l'accent sur les impôts indirects que sur les impôts directs », préconise l’étude. Pour elle, l’assiette de la TVA doit être élargie, ainsi que celle de l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Et les niches fiscales doivent disparaitre.

Cela dit, l’OCDE n’est pas la seule à avoir remarqué que l’impôt sur le revenu était malade en France. Le Conseil des prélèvements obligatoires, rattaché à la Cour des comptes, vient en effet de publier un rapport dans lequel il appelle à une « réforme ambitieuse ». Il s’agirait d’améliorer le rôle de redistribution de l’IR.

« Il ne représente plus que 2,6 % de la richesse nationale, contre le double au milieu des années 80. C’est le plus faible taux des pays de l’OCDE et ses recettes d’environ 50 milliards d’euros stagnent depuis 20 ans », expliquent les auteurs du rapport. Et d’ajouter qu’il faut élargir l’assiette (la moitié des foyers français n’est pas imposable) et supprimer les niches fiscales.