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Dans un contexte où l'emploi et l'avenir de nos retraites est menacé, les stock-options provoquent un tollé général. Créées pour les dirigeants et cadres d'une entreprise, elles font bénéficier leurs détenteurs d'une belle plus-value. Sur la sellette, le système se verra plus lourdement taxé dès l’application de la nouvelle réforme des retraites. Pour la mise à mort prochaine des stock-options ? Que nenni. Elles plaisent toujours à ceux qui savent en tirer profit, y compris à ceux-là même qui cherchent à les réformer.

La polémique autour des stock-options ne faiblit pas. Ce dispositif admis en France dès 1970 est critiqué, parce que très rentable mais accessible seulement aux privilégiés du système. Le cours de Bernard Arnault, le PDG du groupe de luxe LVMH, prend 50 % en un an et ses options - dites « sous l'eau » - émergent subitement pour donner 93 millions de gain potentiel (+ 727 %) selon nos confrères de l'Expansion ! Conscient de cette manne, l’État français s’est décidé à mettre un peu plus son nez dedans.

Museler les stock-options à défaut de supprimer les niches fiscales

Eric Woerth annonçait le 15 juin dernier un prélèvement accru sur les stock-options. Les nouvelles mesures entraînent le passage de la contribution de l'employeur de 10 à 14 % et de la contribution du salarié de 2,5 à 8 %. Par ailleurs, l’État augmentera les prélèvements sur les retraites-chapeaux et appliquera un prélèvement de l'entreprise dès le premier euro de rente versé. Enfin, les stock-options subiront une contribution sociale de 14 % pour le bénéficiaire et le calcul annualisé des allègements de charges. Quand on sait qu’en 2006 plus de 50% des stock-options sont détenus par les présidents français (statistiques du cabinet Towers Perrin), l’État tend le bâton pour se faire battre. Mais la manne est si grosse qu’un petit sacrifice fiscal n’est rien par rapport au gains qu’on peut en tirer.

Assurer la survie des stock-options, c’est maintenir un système très rentable.

La bulle spéculative a noirci l’image des stock-options. Pourtant, à la création, les stock-options avaient une vraie finalité éthique et progressiste parce qu’elles étaient payées par les actionnaires au profit des salariés. Droit donné aux salariés d’acquérir une action de son entreprise à un prix très bas (souvent gratuitement), elles peuvent ensuite s’exercer instantanément ou quelques années plus tard. Résultat ? Une belle plus-value, voire avantages fiscaux à qui sait attendre (ah, la prime à la patience...). Ce système ne comporte aucun risque puisqu’on revend toujours au-dessus du prix d’achat. Sauf, bien-sûr, si l’entreprise fait faillite (les traders de Lehman Brothers étaient tous millionnaires avant son écroulement). Mais les stock-options, c’est aussi un levier de motivation sans que les dirigeants aient à débourser des salaires conséquents. Tout bien considéré, la polémique sur les stock-options “marche à l’envers”, comme le dit si justement Michel Cicurel, le président de la compagnie financière Edmond de Rotchild. “Le problème, c’est l’écart anormal entre les hautes rémunérations et les rémunérations de base, ceux qui ont les stock-options et ceux qui n’en ont pas. Aussi, il faut que le dispositif profite à l’ensemble des salariés de l’entreprise”. Pas bête...