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La reforme de la retraite inquiète les salariés. La démotivation les guette. Pour y remédier, les grandes entreprises se mobilisent et proposent une épargne salariale pour aider leurs employés à mettre de l’argent de côté. Bien conscients des atouts de ce levier, les salariés sont nombreux de leur côté à solliciter non plus des augmentations, mais des plans d’épargne. Cela leur permet de se constituer un capital, une rémunération différée et un complément de salaire pour assurer la tranquillité de leurs vieux jours. Toutefois, l’idée ne fait pas toujours son chemin...

L’adhésion à une épargne salariale est depuis longtemps perçue comme une démarche naturelle en France. Cette année, cette idée bat tous les records : 86% salariés et 91% des chefs d’entreprise français en sont convaincus selon un sondage publié le 9 juin dernier par BNP Paribas et Altedia. Effets de la crise ou incertitudes concernant la retraite ? Les entreprises ont bien l’intention d’aider leurs salariés à travailler plus pour épargner plus. Le principe d’une épargne collective est simple. Les salariés effectuent des versements sur un plan d’épargne salariale ( PEE, PEI, PERCO, PERE, FCPE, PERCOI, Article 83...). Les fonds rassemblés sont investis en Sicav ou FCPE et restitués aux salariés dans un délais conditionné sous forme de rente ou de capital. En principe, ces fonds sont verrouillés pendant une durée réglementée. Mais il est possible de les débloquer avant délais dans certains cas bien précis (mariage, décès, divorce, achat d’une maison...).

Un atout et un bénéfice malgré la crise

Malgré l’instabilité des marchés boursiers, la cote de l’actionnariat salarié ne faiblit pas. Cette popularité bat tous les records cette année chez les salariés. Selon le même sondage, près de 9 sur 10 d’entre eux estiment que devenir actionnaire de son entreprise est « une bonne chose ». Plus d'1/5ème d'entre eux (21%) considèrent même qu'il s'agit d'une « très bonne chose ». Le plan d’épargne salariale est alimenté par divers canaux. L’épargne salariale bénéficie d’une fiscalité attractive. Par exemple, la participation et l’intéressement sont exonérés de charges hors CSG et CRDS ainsi que de l’impôt sur le revenu. Versements volontaires plafonnés à 25% de la rémunération annuelle, mais encore participation ou intéressement : tout est permis pour stimuler ses salariés et leur capital. L’entreprise peut même mettre sa main à la pâte, en complétant les versements et l’intéressement par des abondements. Dans certains cas, l’abondement est même obligatoire (PEE). Seule la participation hors PERCO et PERCOI est exclue des abondements.

Un levier de mobilisation pour les entreprises

Côté chefs d’entreprise, l'épargne salariale est perçue comme un outil de management et de fidélisation si l’on en croit le sondage BNP Paribas - Altedia. Entre bénéfice de l’abondement et l’occasion de faire un bon placement, le salarié mesure tout son intérêt de souscrire à une épargne salariale. Près d’un salarié sur deux serait prêt à souscrire à un plan d’actionnariat salarié. Paradoxalement, si les dispositifs sont relativement bien connus des chefs d’entreprise, la mise en place reste encore timide. Seulement 14% d'entre eux proposent à leurs salariés un PERCO et 7% un PERE. L'Article 83 est le seul dispositif à avoir été mis en place dans près de la moitié des entreprises (45%). Les salariés ne sont que 51% à se considérer bien informés sur ces produits. Pourtant, l’épargne salariale fait partie des produits sur mesure pour motiver les collaborateurs d’une entreprise. S’y refuser, c’est décourager plus encore ses employés.