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Vivre longtemps oui, mais vivre zen. Véritable lumière au bout du tunnel, le viager le permet grâce à une rente versée vie. Elle aide à subvenir à ses besoins pour rester chez soi : chose pas toujours possible quand on a une retraite riquiqui et qu’on n'est pas tellement aidé par l’Allocation Personnalisée à l’Autonomie.

La Secrétaire d’État aux Ainés Nora Berra présentait le 17 juin dernier une série de propositions pour améliorer le maintien à domicile des séniors. Deux pôles sont ciblés : des aménagements du logement ou les nouvelles technologies. Seulement, fidèles à l’expression “aide-toi et ciel t’aidera”, de nombreuses personnes âgées choisissent le viager, quitte à priver les descendants de la maison familiale. Tout cela pour fuir une “déportation” en maison de retraite qui s’avère parfois un véritable enfer. Dans la configuration actuelle, elles n’ont pas beaucoup de choix. Si l’on vit seul, on a besoin d’assistance pour effectuer des travaux ménagers ou encore faire les courses. Cette assistance étant coûteuse, le viager semble être la meilleure solution pour pouvoir employer via organismes privés d’aide aux aînés. En effet, l’Allocation Personnalisée à l’Autonomie versée par les départements est largement insuffisante, faute de moyens. Pourtant, ce n’est pas comme si l’on avaient de gros besoins à 80 ans. En moyenne, le montant de cette aide varie entre 461 et 496 euros ce qui ne couvre ni les aides techniques, ni l’aménagement du logement. Par conséquent, le viager reste le seul recours pour rester chez soi, tout en gardant une autonomie et la joie de vivre.

Doubler sa retraite

Qu’est-ce que c'est au juste le viager ? C'est tout simplement une variante de la vente immobilière. A la seule différence près : non seulement la personne qui signe un acte de viager profite de son bien jusqu'à la fin de sa vie, mais aussi elle touche le fruit de la vente sous forme d'une rente. Principalement, ce sont des personnes d’un certain âge ou à la retraite qui sont séduites par la formule puisqu'elles fuient la maison de repos et veulent conserver une autonomie vis à vis de leurs proches. Le vendeur du bien en viager est nommé en droit : le  “crédirentier” car il est le créditeur de la rente et l’acheteur est appelé le “débirentier” car il sera le débiteur de la rente. Il existe plusieurs façons de satisfaire aux conditions de vente. La rente est versée soit sous forme de bouquet, soit de rente. Dans ce premier cas, il s'agit d'un avantage fiscal important suivant l’âge : il peut atteindre un abattement pouvant aller jusqu’à 70 % sur la part imposable. Pour souscrire à la formule, il s'agit de passer par un acte notarié, en sachant que la vente peut concerner aussi bien un appartement, une maison ou un terrain.

Viager : danger ?

Le viager séduit de nombreux seniors, mais il comporte des risques connus des autorités publiques. Ils ont été évoqués à plusieurs reprises au Sénat mais la question n'est toujours pas tranchée. Quels sont ces dangers ? Dès la signature, le bien du crédirentier devient la propriété du débirentier. Aussi la rente n'est pas toujours garantie car les acteurs ne sont pas toujours solvables. S'ils subissent une liquidation, le bien viager sert à payer les créanciers prioritaires. Le crédirentier se retrouve ainsi dépossédé de ses arrérages et de son bien. Triste vie que celle des aînés. En voulant éviter la maison de retraite, ils s'y retrouvent contre leur gré. Il n'y a aucune protection juridique face à une telle situation. Le seul moyen pour arrêter le massacre reste d'exiger du notaire ou de l'agence débirentière un engagement signé pour confirmer leur promesse sous responsabilité pécuniaire. Ce document peut, par exemple, être la publication d'une déclaration notariée rendant le bien insaisissable en cas de faillite.