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La hausse du chômage et le vieillissement de la population mettent à mal les caisses de retraite complémentaire qui connaissent de lourds déficits. Alors les partenaires sociaux cherchent des solutions pour rééquilibrer les comptes au plus vite. Le Medef, lui, propose le gel temporaire ou la diminution des pensions…

Les caisses de retraite complémentaire Arrco (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés) et Agirc (Association générale des institutions de retraite des cadres) sont dans une situation très délicate : celles de la première, qui accusaient un déficit de quelque 1,69 milliard d'euros en 2011, seront vides dès 2020. Quant à celles de la seconde, à qui il manquait 1,77 milliards d’euros l’année dernière, elles seront épuisées en 2017 (selon des estimations récemment revues à la hausse).

En cause : le chômage qui progresse au-dessus des 10 % et la population qui vieillit. Deux phénomènes qui érodent inexorablement les rentrées des cotisations.

5 mois pour trouver une solution

Les partenaires sociaux, qui viennent de se réunir pour sortir de l’impasse, se sont donnés jusqu’en mars 2013 pour renflouer les comptes des deux régimes. Les négociations compteront encore quatre autres rencontres dans lesquelles seront notamment débattues les pistes du Medef (Mouvement des entreprises de France).

Le patronat a en effet émis plusieurs suggestions. La première : geler les pensions de retraite pendant 3 ans à partir du 1er avril 2013. La seconde : les revaloriser en-dessous de l’inflation pendant 5 ans. La troisième et dernière : réduire de 10 % celles des retraités qui partiraient avant l'âge du taux plein (actuellement de 65 ans, ce dernier passera progressivement à 67 ans en 2022).

Les syndicats de salariés ne veulent cependant pour l’instant pas entendre parler de ces projets : « Nous ne pouvons pas accepter les mesures patronales qui auront pour conséquence un effondrement du taux de remplacement », a déclaré Éric Aubin, représentant de la CGT (Confédération générale du travail), avant de quitter la table des négociations. « Aucune ne se suffit à elle-même ou est facile à adopter », a de son côté déploré Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT (Confédération française démocratique du travail).

FO (Force ouvrière), elle, accepterait de toucher aux prestations versées aux retraités… à condition que les cotisations des employeurs soient augmentées. Ce que, bien évidemment, le Medef refuse. Les discussions risquent d’être houleuses…