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Près de 60 anciens religieux ont attaqué l’Église devant les Tribunaux, début juillet 2010, pour revendiquer une revalorisation de leur retraite. Une association s’est même formée. Elle a vocation à faire reconnaître les années de formation dans le calcul de la pension diocésaine. Cette reconnaissance permettrait, selon les rebelles, de parvenir à un montant décent.

359 euros par mois : telle est, au maximum, la retraite de certains anciens curés ou bonnes sœurs. Cet état de fait est bien connu de la Conférence des évêques de France, la hiérarchie de l’Église. Pourtant, malgré de nombreuses réclamations, aucune réaction. Outrés par le manque d’écoute de la part de leur hiérarchie, les anciens ministres du culte ont décidé de mener une action en justice coordonnée par l’Association pour une retraite convenable. Cette dernière a été encouragée par la victoire d’une religieuse en décembre dernier. Le Tribunal de Paris avait condamné la congrégation qui l’employait à lui verser 20 000 euros de dommages et intérêts.

Faire reconnaître les années de formation

Les “rebelles” (ainsi qu’ils se nomment) espèrent également obtenir des dommages et intérêts. Mais avant tout, ils veulent faire reconnaître les années de noviciat ou de séminaire dans le calcul de la retraite. Ces années représentent huit trimestres de cotisation pour les anciennes religieuses et douze trimestres pour les anciens prêtres, soit une récompense assez maigre. Une grande majorité d’entre eux ont intégré la vie active et ne posent aucun problème puisqu’ils touchent une retraite bien supérieure à celle des prêtres non démissionnaires. Cependant, quelques cas bien précis posent problème. L’Association pour une retraite convenable revendique 59 dossiers déposés auprès des tribunaux.

La Conférence des évêques de France contre-attaque

La rébellion des prêtres ne fait pas rire la Conférence des évêques de France. Bien décidée à se défendre, l’institution évoque, dans une note adressée aux plaignants, que la gestion des retraites des anciens ministres du culte ne serait pas de son ressort. Le coupable ? La Caisse d’assurance vieillesse maladie invalidité des cultes (Cavimac), à laquelle les hommes de l’Église catholique, mais aussi des imams et des bouddhistes, cotisent depuis 1979. Pourtant, le traitement n’est pas égal pour les démissionnaires et les autres. Ces derniers touchent en effet, en sus, le complément diocésain puisqu’ils ont mené une carrière “cultuelle” complète. Aussi, certains des anciens ministres du culte touchent une retraite de misère pour de longues années de service. Selon eux, “les obligations en matière de versements des pensions de retraite ne sont pas conformes à la loi”. En effet, le montant de certaines retraites diocésaines est inférieur au montant du minimum vieillesse. Et pourtant, pour ces cas particuliers, l’Église de France a négocié il y a quelques années un accord avec la Sécurité Sociale, qui verse un minimum de 880 euros par mois dès lors que l’ancien religieux ou religieuse n’aura cotisé qu’un seul trimestre. Un accord méconnu des intéressés, semble-t-il, puisqu’ils sont plus que jamais déterminés à mener leur rébellion jusqu’au bout.