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Vous êtes foule à désirer prendre votre retraite ailleurs. Quelle qu’en soit la raison, ne partez pas à l’aventure. Sécu, mutuelle, fiscalité, transactions bancaires, logement, succession... Vous devez régler toutes ces questions. Sinon, votre expatriation deviendra un véritable cauchemar. Voici quelques pistes pour vous la couler douce quelle que soit votre destination.

Il y a une dizaine d'années, certains retraités malins sont allés acheter des résidences confortables du coté de Marrakech, de Zarzis, de Costa Dorada... Sans payer d’impôts en France, ils continuaient à bénéficier de la carte Vitale et en cas de pépins de santé repartaient vite au pays, et en avion, grâce à Europe Assistance... Face à ces abus, l’Assemblée Nationale a tranché. Il est de plus en plus compliqué de garder un pied en France, si on fait le choix de l’expatriation.

Versement de retraite et imposition

Votre premier repère est la Maison des Français à l’Étranger. Une équipe aimable et compétente vous fera connaître le pays de votre choix, ses avantages, ses contraintes. Bonne nouvelle : “votre retraite continuera à être versée sur votre compte en France ou dans votre pays d’accueil”... Sauf si vous percevez le minimum vieillesse, réservé aux seuls résidents français. Encore plus fort, si vous n’êtes plus fiscalement domicilié en France, vous ne payerez plus la CSG, ni la CRDS. Cependant, en fonction de la convention fiscale qui fixe la répartition des taxes entre les deux pays, vous pourrez payer une cotisation retenue à la source. Le foyer fiscal est déterminant dans le fait de payer ou non ses impôts en France. Si vous y résidez plus de 183 jours par an et/ou si vos intérêts économiques (biens fonciers) y sont toujours, vous continuez à être imposé en France. A votre départ, votre centre des impôts transférera votre dossier fiscal au centre des impôts des non-résidents (CINR). Mais quelle que soit votre situation, consultez impérativement la convention fiscale par État, disponible sur le site internet du Ministère de l’Economie et des Finances. En fonction de la destination vous risquez la double peine : payer les impôts en France et dans le pays où vous vous rendez !

La retraite, c’est la santé

C’est au niveau de la santé que vous devez le plus anticiper. En principe, la Caisse des Français à l’Étranger (CFE) se substitue à la sécurité sociale française avec une prise en charge quasi similaire. Cependant, le tarif des adhésions est très élevé et de nombreux expat’ ont du mal à y souscrire. Le montant des cotisations ? 1 300 euros environ par personne et par trimestre, soit près de 11 000 euros par an pour un couple ! Et les remboursements ? Ils sont souvent ridicules, surtout s’il s’agit d’interventions lourdes. Si vous trouvez le niveau de remboursements insuffisant, d'autres assurances privées, comme April par exemple, sont spécialisées dans la couverture sociale des expatriés. Même si l’intérêt de la CFE peut paraître incertain, prenez votre décision rapidement. On ne peut y adhérer que dans les deux ans suivant l’expatriation ! Dans le doute ? Adressez-vous au Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale (CLEISS).

Attention à la succession

Si les biens immobiliers seront partagés entre vos héritiers selon le droit français, le reste (placements, patrimoine foncier situé à l’étranger) sera réparti selon la loi du pays d’accueil. Méfiez-vous : de nombreux pays, comme les États-Unis ou l’Angleterre, ne reconnaissent pas la “réserve”. Aucune part minimale de l’héritage ne sera donc accordée à votre conjoint ou à vos enfants. Et les droits de la succession ? En principe, c’est la France qui les récupère. Dans les faits, vos héritiers sont souvent également taxés par votre pays d’accueil, à moins d’une convention fiscale avantageuse avec la France.

Décrocher un logement de rêve

Sachant qu’il est devenu difficile aux Français de s’expatrier sans regrets, les États rivalisent d’idées pour les attirer. De très nombreux promoteurs créent des résidences multiplexes où les retraités pourront trouver un bloc opératoire, un dentiste, des boutiques… A l’intérieur même du périmètre du lotissement. Celui-ci est gardé jour et nuit pour la plus grande sérénité des seniors. Les maisons de retraite (médicalisées ou non) poussent également comme des champignons pour les loger à moindre frais. Là aussi, attention aux arnaques. Prenez soin de visiter le logement et de bien lire le contrat avant de vous lancer. Les belles images des sites internet cachent parfois un foncier non-achevé ou construit de bric et de broc. Et quelle ne sera votre surprise quand votre agent immobilier vous demandera de payer 10 % supplémentaires par mois “pour le service”... Bien sûr, cette surcote est parfaitement illégale et vous vous en rendrez vite compte si vous menacez votre cher agent de contacter un avocat. Mais cette pratique est monnaie courante dans des pays parmi les plus respectables.