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Qu’elles soient actives ou mères au foyer, les femmes ne sont pas avantagées par rapport aux hommes sur l’échiquier de la vie active et dans son couronnement : la retraite. En 2006, elles gagnaient 27% de moins que les hommes, tous temps de travail confondus. Quant à leur pension, elle est de 40% environ inférieure à celle de la gent masculine. Pas étonnant qu’elles soient nombreuses à sonner le tocsin vis-à-vis de la récente réforme.

Travail à mi-temps, périodes de congé parental ou de chômage : les femmes sont pénalisées malgré elles... Tout simplement parce qu’aujourd’hui encore elles se consacrent davantage à la vie familiale qu’à la carrière. Bien sûr, les mamans bénéficient, pour chaque enfant, de huit trimestres de majoration de la durée de cotisation à la retraite. Les quatre premiers sont accordés au titre de la grossesse et de la maternité, les quatre suivants à l’éducation de la progéniture (enfant naturel ou adopté). Mais voilà, “dans un souci d’égalité”, le Bercy a décidé d’imposer le partage des quatre trimestres éducatifs entre les deux parents dès le 1er avril 2010. Et ce n’est pas une blague... Il suffit pour cela que les conjoints ou les concubins soient d’accord ou, si l’enfant est né avant le 1er janvier 2010, de prouver qu’on l’a élevé seul. Bien sûr, cette nouvelle réforme montre une ouverture aux couples homoparentaux et aux pères au foyer (2% des pères français). Elle n’en reste pas moins injuste vis-à-vis des femmes déjà mal loties.

Le cas des mères au foyer

Les femmes restées au foyer pour élever leurs enfants ont davantage d’avantages. Depuis 1972, elles bénéficient d’une retraite sans avoir cotisé. Cela, grâce à l’affiliation gratuite à l’Assurance Vieillesse des Parents au Foyer (AVPF). Comment ça marche ? Les périodes d’inactivité sont assimilées aux périodes de la vie active. Pour estimer le montant de votre retraite, il faut vous adresser à la CAF. C’est elle qui verse les cotisations. En général, les sommes versées sont équivalentes au SMIC. Toutefois, toutes les mères n’y ont pas accès. Il faut justifier d’un plafond bien précis de ressources, du nombre d’enfants à charge, des prestations versées et d’autres conditions encore, que seul un conseiller de la CAF pourra vous révéler.    

Des dispositifs d’aide

Pour encourager les femmes à avoir des enfants - rappelons-le de futurs cotisants - l’État a mis en place de nombreux dispositifs d’aide. Par exemple, les travailleuses du privé bénéficient de deux annuités par enfant, contre une dans le régime des fonctionnaires. Par ailleurs, elles sont gratifiées d’une majoration supplémentaire pour famille nombreuse. Dans le privé, elle est de 10% à partir du troisième enfant. Dans le public, c’est encore mieux : 10% pour trois enfants, 15% pour quatre enfants, 20% pour cinq enfants, et ainsi de suite jusqu’à un plafond de 30%. Aussi louables soient-elles, ces mesures ne modifient pas le salaire de référence : elles ne font qu’allonger la durée de cotisation. Et puis vient la décote, parce que les femmes quittent souvent la vie active sans avoir cotisé un nombre suffisant de trimestres, et ce malgré les dispositifs ci-dessus. Selon les chiffres récents de la CGT, seulement 44% d’entre elles valident une carrière complète, contre 86% des hommes. Il semblerait que l’unique recours pour celles qui tendent à une retraite à taux plein est de travailler plus pour gagner plus...

Bon à savoir : un site internet, www.marel.fr, propose de faire une simulation de sa future retraite. A partir des informations saisies (périodes de stage, de travail, d’études, de chômage) on obtient une estimation de sa future retraite, voire la surcote octroyée pour toute année d’activité supplémentaire.