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La succession soulève de nombreuses questions. Entre termes juridiques et droits de chacun, on ne sait plus à quel forum se vouer. Mais, entre toutes les interrogations, celle du défunt est souvent négligée. Dans le flou artistique, les associations ont brandi des chiffres éloquents à l’occasion de la cinquième Journée Mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées le 15 juin dernier.

“On ne sait pas toujours déterminer la maltraitance, ni quelles sont les familles violentes”, disait le feu professeur Robert Hugonot, fondateur de l’association aux personnes âgées Alma. “La personne maltraitée ne se précipite pas pour dénoncer la maltraitance de sa famille. Elle se sent comme un fardeau, elle pense qu’elle encombre”. A la différence du Canada où les statistiques sont claires, la France a du mal à briser le sceau du silence que s’imposent nos aînés en détresse. Tout ce qu’on sait, c’est que sur 10 000 cas relevés en France 18 % de personnes âgées se déclarent maltraitées financièrement dont 49 % par les membres de sa famille d’après une récente statistique recueillie par Alma, les Petits-Frères des Pauvres et l’Association Française pour la Bientraitance des Aînés et/ ou Handicapés. Une situation intolérable dans la mesure où ce sont majoritairement des proches qui s’attaquent à leurs aînés.

LES AÎNÉS EN DANGER

Selon une autre étude de la Fédération Internationale des Associations de Personnes Agées(Fiapa), en 2008 sur les 301 personnes interrogées (moyenne d’âge 72-83 ans et trois-quarts de femmes), 131 sondés ont  répondu avoir “au moins une fois vécu des situations ressemblant à des abus financiers”. Selon la même source, les ventes forcées, escroqueries, détournement d'héritage, d'argent ou de biens recueillent 15,2 % des citations et viennent ainsi en première position des actes d’abus financiers. Suivent ensuite dans la même catégorie, les cambriolages (12,6 %), les vols avec agressions physiques (9,9 %), les facturations abusives (6,9 %), les placements abusifs (2,6 %) et les ventes des biens sans accords préalable qui représentent 2,1 % des citations. “On assiste à une véritable explosion des cas d’erreurs commises lors de la préparation du testament”, note Les Kotzer, un avocat de Fish & Associates. Après avoir hérité de la maigre fortune de leurs parents, les baby-boomers dépendent de leurs enfants endettés jusqu’au cou”. De là surviennent les problèmes de cession d’actifs à ses enfants ou d’une maison sans prendre aucune précaution.

LA CONFIANCE RÈGNE

 Pas toujours aptes à contrôler la situation, les personnes âgées deviennent la vache à lait. Fatigue, peur de représailles ou de perdre un proche quand on est déjà si seul, les aînés subissent des pressions diverses et variées. Les avocats conseillent de bien comprendre le sens des documents soumis par les proches avant de signer, notamment, lors de la rédaction des procurations. Le testament semble être l’un des boucliers les plus performants contre l’éventuelle maltraitance financière ou les conflits familiaux. Rien de plus dangereux qu’un testament olographe oublié dans une armoire normande. Rédigé depuis de nombreuses années, il ne prend pas en compte les changements survenus dans la vie de son auteur. Ce testament est souvent découvert lors de l’ouverture de la succession et c’est là que les ennuis commencent. Déchirements, procès contre les bénéficiaires éventuels n’ayant pas appartenu à la famille, litige contre le conjoint survivant et les enfants... Il mène droit à la catastrophe familiale. Mais le cas le plus alarmant est celui des héritiers “opportunistes” selon l’expression de Maître Kotzer. Parmi ceux-ci : les enfants vivant au dessus de leurs moyens, en espérant toucher le gros lot à la mort de leurs parents.